WARCROSS – Marie Lu

Résultat de recherche d'images pour "warcross fr"

Titre : Warcross
Auteure : Marie Lu
Edition lue : Pocket Jeunesse
Date de parution : 2018
Prix : 18,50€

coup de coeur

Ma note : 5/5
Univers : x x x x x
Intrigue : x x x x x
Personnages : x x x x x
Ecriture : x x x x x


R é s u m é
La vie est dure pour Emika, 18 ans, criblée de dettes, et qui survit comme chasseuse de primes dans les entrailles de Manhattan. Aussi, bien décidée à fuir cette réalité, la jeune femme chausse ses lunettes connectées et plonge dans l’univers fantastique du jeu en réseau le plus incroyable jamais inventé : Warcross. Mais quand elle pirate la cérémonie d’ouverture du grand tournoi de l’année, elle est repérée par l’intrigant créateur du jeu : Hideo Tanaka, un jeune et beau génie dont les fans se comptent par millions. Emika sent pourtant que les intentions d’Hideo dépassent le cadre de Warcross et pourraient bien faire vaciller la frontière fragile entre réel et virtuel…

 


« Je n’ai jamais été très douée pour obéir. Je suis une chasseuse de primes. Et tant que ma cible court toujours, j’ai un travail à terminer. »

– – – – – –

« Tout commence par être de la science-fiction, avant de devenir une réalité scientifique. »


M o n _ a v i s

Quelle claque, mais quelle claque.
Warcross est le premier livre qui réconcilie à ce point mon côté mordue de lecture et geek. Tout y est. Des personnages forts, un univers splendide, une intrigue bien menée (quoi qu’un peu prévisible par certains aspects), mais surtout une originalité folle dans le thème abordé. Dans ce roman se mêlent traque, hacking, compétition et relations adolescentes. Emika est une orpheline qui n’a aucun avenir à New York, et, qui, malgré elle, se retrouve plongée dans un complot invisible, au cœur d’un Tokio futuriste, à cheval entre le monde réel et celui de la virtualité.

Concernant les personnages, je suis forcément tombée amoureuse d’Hideo, ce génie de l’informatique qui règne sur le monde grâce à son jeu révolutionnaire. Il m’a beaucoup touchée et j’ai trouvé la construction de son caractère et de ses aspirations extrêmement bien menée. Il est crédible, et c’est ce qui le rend d’autant plus séduisant.
Emika quant à elle est un personnage juste, dans le sens où elle n’en fait pas des caisses pour qu’on croit en son histoire. Oui, elle a un passé douloureux, mais elle ne s’en sert pas comme excuse toutes les 10 pages. Elle est forte, droite, originale et SUPER STYLÉE. Non mais vraiment, on en parle de ses tatouages, ses cheveux arc-en-ciel, son côté artiste et son don en codage ? Elle est parfaite. (Pour le bookclub organisé par PKJ, j’ai d’ailleurs tenté de me dessiner son tatouage. On juge pas.) Je trouve d’ailleurs que le choix édito de la couverture VF n’est pas du tout en accord avec le caractère et le côté visuel de l’écriture comparé à la VO.

 

wacross.PNG

Parlons-en, de l’écriture. J’ai rarement lu un récit aussi visuel. Warcross est un roman plein de couleurs, de textures et de lumières. Que ce soit dans les descriptions du monde réel ou de celui du jeu, on en prend plein les yeux. Un peu comme si, nous aussi, on portait des lunettes NeuroLink. On ne lit plus, on voit. Et c’est juste magique.CaptureMais ce qui m’a le plus plu dans ce roman, c’est le thème. Certes, il y a Asimov avec la thématique des robot, Arthur C Clarke pour tout ce qui touche à l’espace, et d’autres grands noms de la littérature d’anticipation. Pour moi, Marie Lu a ouvert un nouveau pan de la science-fiction : celui du jeu-vidéo, de sa beauté et de ses dangers.
Car, oui, ce livre n’est pas un pamphlet contre la dictature du gaming. Dans le monde d’Emika, qui pourrait être le nôtre dans 10, 15 ou 30 ans, Warcross est partout, chez tout le monde. Et la majeure partie du roman traite des bénéfices que ce jeu apporte au quotidien : une source d’évasion, un divertissement, un moyen de rassemblement et d’unité. Et j’ai beaucoup aimé cette vision optimiste du jeu. De nos jours, la pratique des jeux-vidéo est encore montrée du doigt, rabaissée et critiquée. Et je trouve ça dommage, car c’est un milieu qui mériterait autant d’éloges que celui du foot, de la lecture, ou de la musique. Et vous savez tous combien j’aime la lecture et la musique (pour le foot, on repassera plus tard). Eh oui, il faudrait que les détracteurs se rendent compte que derrière un jeu vidéo, il y a tout un travail d’écriture (scénario, création des personnages et leur histoire, leur quête…) et de développement artistique. Créer un jeu-vidéo, c’est, pour moi, aussi beau et intéressant qu’écrire un livre.
Quant à y jouer…
Certes, il existe des jeux « violents », mais quel enfant n’a jamais joué à la guerre dans son jardin ? Et puis, le monde du jeu-vidéo est tellement riche et didactique ! Quand on regarde la nouvelle Switch Labo qu’a présenté Nintendo, comment ne pas rendre ses lettres de noblesses aux jeux vidéo ?

Les jeux de gestion comme Civilisation, Age of Empire ou même Animal Crossing nous apprennent l’organisation, l’optimisation de l’espace et des actions, la prise de recul et l’analyse d’un problème… Les RPG (Role Playing Game) comme Pokémon, La légende de Zelda, Skyrim ou Assassin’s Creed nous proposent des quêtes incroyables, développent notre imagination et nous offrent un spectacle visuel et auditif digne des plus grands longs métrages. Les MMORG (Massively Multiplayers Online RolePlaying Game) nous permettent de jouer avec d’autres joueurs, d’interagir, de s’entraider pour réussir des quêtes impossibles à résoudre seuls… Alors, oui, il y a des dérives, comme partout. Comme dans la musique, le cinéma, la littérature, la politique, la peinture, la photographie… le vie quoi !

En bref, merci Marie Lu et Pocket Jeunesse d’avoir initié cette mise à l’honneur du jeu-vidéo ❤ Ce roman est une tuerie tant pour sa portée symbolique que pour la qualité de son écriture et de son intrigue. A lire absolument !

– – –
EVERY LOCKED DOOR HAS A KEY
– – –