Fangirl – Rainbow Rowell

– EN BREF –
Fangirl // one shot – saga // Rainbow Rowell // Castelmore // 16,90€
Titre VO : Fangirl // Edition lue : VF
Ecriture // Littérature // Etudes // Romance // Famille

Univers : ♦♦♦♦♦
Ecriture : ♦♦♦♦♦
Personnages : ♦♦♦♦♦
Intrigue : ♦♦♦♦◊

NOTE : 4,75/5 – Excellente lecture !

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 RÉSUMÉ –

Cath ne vit que pour et par l’écriture. Elle est une fan inconditionnelle de la série de romans à succès Simon Snow… au point de rédiger elle-même les aventures de son héros préféré, en attendant la parution du dernier tome ! Elle vie dans une bulle qu’elle ne partage qu’avec Wren, sa sœur jumelle, loin de toute vie sociale.
Pourtant, c’est désormais en solo qu’elle devra affronter le monde extérieur. Wren vient de lui annoncer l’impensable : cette année, à la fac, elle feront chambre à part. Cath saura-t-elle s’ouvrir aux autres et profiter de sa vie étudiante ?
Et l’amour dans tout ça ?


 EN MOINS BREF –

Ce livre a attendu dans ma pile à lire une bonne grosse année. Je ne sais pas pourquoi, mais je n’avais encore jamais réussi à l’en faire sortir. Peut-être qu’après l’immense coup de cœur que j’avais eu pour Eleanor & Park j’avais peur que cet autre roman de Rainbow Rowell soit en dessous.. En tout cas, j’en attendais énormément, et je dois avouer que je n’ai pas été déçue !

Fangirl, c’est l’histoire de la majeure partie d’entre nous. Nous avons tous et toutes eu, à un moment de notre vie, une obsession absurde pour un groupe de musique (#TokioHotel #teamLorie), un livre (#HarryPotter) ou une célébrité (#DenisBrogniart, mais celle-ci est encore d’actualité de mon côté). Nous sommes tous et toutes passés par ces phases d’adoration, de culte. Aujourd’hui encore, et moi la première, nous tombons amoureux.ses de personnages fictifs, nous collectionnons les goodies à en blinder nos étagères, et nous achetons 20 éditions différentes du même bouquin (faites pas genre, je vous vois).

Et bien Cath, l’héroïne du roman, est e-xa-cte-ment pareil. Elle collectionne les goodies et les posters de Simon Snow, qui n’est en fait qu’un clin d’œil à notre Harry Potter, et ne jure que par les livres. C’est dans le monde de Simon qu’elle se réfugie, qu’elle trouve sa place, et qu’elle écrit sa propre histoire. Parce que Cath écrit des fanfictions, et le tour de force de Rainbow Rowell et de nous faire prendre conscience que, non, les fanfictions ne sont pas uniquement que des fantasmes d’adolescentes, qu’elles sont parfois le résultat d’une véritable ambition. Et tout le personnage de Cath se construit autour de cela : elle est consciente de son talent pour donner vie aux personnages qui ne sont pas les siens, mais elle n’ose pas en parler à d’autres qu’à sa sœur jumelle. Les personnes introverties sont souvent celles qui ont le plus de mal à s’intégrer, et qui rencontrent le plus de problèmes quand il faut tisser des liens sociaux. Aujourd’hui, à travers les bandes dessin&eacut...Fangirl c’est, finalement, un roman sur la confiance en soi et dans les autres, sous-tendu par le thème extrêmement bien traité du jugement. Car être conscient de ses forces est une chose. En être fier face au monde extérieur en est une autre. J’ai beaucoup, beaucoup, apprécié le personnage de Cath, elle m’a fait fondre : elle est complètement à côté de ses pompes dès qu’il est question de se sociabiliser, et l’endroit qu’elle préfère est son bureau (et/ou son lit) plutôt que les terrasses des cafés. Puis, au contact des autres, elle s’ouvre, découvre, tout en gardant son côté introverti, ce qui constitue la « vraie » vie : les petits plaisirs du quotidien et les grandes peines qui nous font nous sentir vivant.

Fangirl, c’est vraiment LE livre doudou qui sent bon le café et qu’on a envie de dévorer sous un bon plaid. L’univers décrit est très chaleureux, plein de poésie du quotidien. Et ce qui, pour moi, fait vraiment la force de ce roman, ce sont les relations que tissent les personnages. Rainbow Rowell a le don de rendre vivante n’importe quelle ligne de dialogue. Cela m’avait déjà frappée dans Eleanor & Park, et on le retrouve dans Fangirl. Ça crie, ça chante, ça pleure, ça rit, ça vit. Et cette vivacité du texte rend les personnages presque palpables. On adore détester la coloc cynique mais bienveillante, on craque pour Lévi, tout en se demandant si on fait bien, et on ne peut qu’être attendri par le papa de Cath et Wren. Au final, le seul personnage à côté duquel je suis passée est Wren, la sœur jumelle. Si elle est nécessaire à l’émancipation émotionnelle de Cath, elle n’a pas vraiment d’autre rôle dans le récit, et j’ai trouvé cela dommage. La gémellité est un thème qui m’intéresse beaucoup, et j’aurais aimé qu’il soit mieux intégré à l’intrigue. Pour moi, Wren aurait très bien pu être la grande sœur, ou même ne pas apparaître dans le récit, cela n’aurait rien changé à l’histoire. Comme cette fin qui, pour moin est un peu bâclée. Quand j’ai tourné la dernière page, je me suis surprise à dire à voix haute : « Bah.. C’est tout ? Ok. ». Je suis restée sur ma faim, pas parce que c’était une fin ouverte, mais parce que ça m’a donné l’impression d’un livre pas fini. C’est dommage, même si je trouve dans l’ensemble cette lecture excellente !

Finalement, si vous avez besoin d’une lecture qui donne le sourire et le baume au coeur, l’envie de crier au monde qu’on s’en sort toujours et que nos rêves sont à portée de main, ce livre est fait pour vous. C’est une douceur pleine de surprises qui ne vous laissera pas indifférent, et qui vous rendra certainement nostalgique de ce temps où seul Harry Potter comptait, que vous lui aviez dédié un skyblog complet, et que l’affiche du premier film côtoyait des posters de Twilight, Lorie, les L5, Nadya, la Star Ac’, Tokio Hotel, BB Brunes, Green Day, Simple Plan, Sum 41, Bullet for my Valentine (ouai, vous avez l’évolution des murs de ma chambre entre mes 8 et 14 ans).

En un mot : ce livre est une ode à toutes les fangirls et fanboys qui sommeillent en nous, et je l’ai adoré !


Moments chouchous

Tandis qu’elle se rendait à son premier cours, Cath avait l’impression de jouer le rôle d’une de ses étudiantes fraîchement débarquée qu’on voit dans ces films qui dépeignent naïvement le passage à l’âge adulte.

Parfois, on prend la main de quelqu’un pour se convaincre qu’on est toujours en vie ; pour avoir une preuve physique de notre existence.

Je ne suis pas vraiment sûre d’être douée pour ça… Les rapports garçon-fille… Humain-humain, même. Je ne fais confiance à personne, et plus je tiens à quelqu’un, plus je suis convaincue que cette personne va finir par se lasser de moi et partir.

Lorsque tu sors de derrière l’arbre, c’est parce que tu l’as décidé. C’est ta première inspiration après une longue apnée. Des brindilles craquent sous tes pieds, et le monde te paraît plus chaleureux, plus lumineux aussi…
Et la vie t’attend.

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