VICIOUS – V.E. Schwab

Vicious // one shot – saga
V.E. Schwab // éditions lue : TOR (VO) // 23,50$
Sortie VF prévue le 07 février aux éditions Lumen
Thriller // Fantasy // Violence // Vengeance // Mutants

Univers : ♦♦♦♦♦
Ecriture : ♦♦♦♦♦
Personnages : ♦♦♦♦♦
Intrigue : ♦♦♦♦◊

vicious

Résumé (en anglais)

Victor and Eli started out as college roommates—brilliant, arrogant, lonely boys who recognized the same sharpness and ambition in each other. In their senior year, a shared research interest in adrenaline, near-death experiences, and seemingly supernatural events reveal an intriguing possibility: that under the right conditions, someone could develop extraordinary abilities. But when their thesis moves from the academic to the experimental, things go horribly wrong.

Mon avis

Ce roman que j’ai pris des mois à lire pour le savourer à fond.
Ce roman qui m’a fait vibrer et poser pas mal de question.
Ce roman qu’on ne peut qu’aimer, malgré la brutalité de son intrigue.
Ce roman, c’est Vicious de V. E. Schwab, et aujourd’hui je vais essayer de vous en faire une chronique cohérente.

Tout commence à l’université. Le lecteur suit Eli et Victor, deux élèves surdoués. L’un est populaire, souriant et lumineux. L’autre reste dans l’ombre de son ami, réfléchit beaucoup et agit peu.

All Eli had to do was smile. All Victor had to do was lie. Both proved frighteningly effective.
[…]
Victor didn’t want to run while Eli was busy trying to fly.

Vient alors le jour où ils décident d’étudier le cas des ExtraOrdinaires, ces personnes « mutantes » dotées de capacités très spéciales. Et lorsque la théorie laisse la place à l’étude terrain, tout dégénère… pour le pire.

« You asked me if I ever wanted to believe in something. I do. I want to believe in this. I want to believe that there’s more. That we could be more. Hell, we could be heroes. »

Une dizaine d’années plus tard, les cartes ont été redistribuées, et une nouvelle partie est sur le point d’être jouée.

La construction de ce récit est exceptionnelle : l’intrigue avance dans une alternance entre passé et présent, et elle avance réellement. On n’a jamais l’impression de repartir en arrière, ni de stagner. Au contraire, chaque flashback apporte une dimension supplémentaire à l’histoire et aux personnages. En fait, on recule pour mieux avancer, et le rythme s’accélère au fur et à mesure des pages pour mettre en place un compte à rebours haletant vers la résolution de l’intrigue. C’est génial à lire, prenant et grisant ! On adore le côté violent, parfois trash mais toujours justifié de cette histoire de quête de la connaissance… et du pouvoir. Addictif !

Et ce qui participe à cette addiction, ce sont bien entendu les personnages. Ils sont tous plus complexes les uns que les autres, avec leur propre vision du monde. V. E. Schwab ne s’est attardée que sur quelques détails physiques pour donner la part belle à la psychologie des personnages. Et quel développement ! Aucun d’eux n’est cliché, ni lisse, ni parfait. Ils portent tous des défauts qui, finalement, les subliment. Victor est imprévisible mais tient parole. Eli est envoûtant mais dangereux. Sydney semble à la fois fragile comme du cristal et solide comme un diamant brut. Bref, ce sont des paradoxes. D’extraordinaires paradoxes dont on ne peut s’empêcher de tomber amoureux, et qui nous surprennent toujours page après page, même lorsqu’on pense les avoir cernés.

Mais surtout, ils nous envoient en pleine tronche le fait que la frontière entre le bien et le mal est floue, voire pure fantaisie. Tout dépend du point de vue, des circonstances, des paramètres de l’équation.

She kept staring. « I don’t think you’re a bad person, Victor. »
Victor kept digging. « It’s all matter of perspectives. »

Et cette équation n’est jamais équilibrée. Tout le monde a tort, tout le monde a raison, chacun a sa propre vérité. Et ces vérités sont confrontées les unes aux autres au fur et à mesure que les personnages s’allient ou se rejettent. Le tout symbolisé à son paroxysme par la relation entre Eli et Victor, ces deux génies du mal si semblables, et pourtant tellement différents…. Je ne pourrais pas vous dire lequel des deux a ma préférence, car Eli tel qu’il est n’existerait pas sans Victor, et vice-versa. Ces deux-là se nourrissent mutuellement et sont comme deux aimants en rotation : attirés l’un vers l’autre puis repoussés violemment.

Plenty of humans were monstruous, and plenty of monsters knew how to play at being human.

Finalement, Vicious est un roman violent, puissant et addictif duquel on ressort sonné. J’ai pris une énorme claque, et même si j’ai trouvé la fin un peu trop rapide et pas assez étayée, j’ai adoré ma lecture. Et je suis ravie de voir que la sortie française approche à grands pas ! Yes, mesdames et messieurs vous pourrez découvrir cette histoire extraordinaire à partir du 7 février 2019 aux éditions Lumen. D’ailleurs, on en parle de cette couverture absolument sublime ? Hm ?

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À dévorer si vous aimez les histoires de super-anti-héros !