Le quatuor à cordes – Virginia Woolf


LITTÉRATURE ANGLAISE
FLOT DE CONSCIENCE
FÉMINISME
NOUVELLES

le quatuor à cordes.png

Résumé de l’éditeur

«Je revois clairement cette libellule et la chaussure de Lily avec sur le bout une boucle d’argent carrée. Tout le temps que je parlais, je regardais le bout de son soulier et quand il s’agitait avec impatience, je savais sans lever les yeux ce qu’elle allait dire : tout son être semblait concentré dans sa chaussure. Et mon amour et mon désir étaient contenus dans la libellule ; pour une raison qui m’échappe, je me disais que si la libellule se posait sur cette feuille là-bas, la grande avec la fleur rouge au milieu, si elle se posait sur cette feuille-là, Lily dirait “Oui” immédiatement.»

Une invitation à traverser les apparences, par la plus grande romancière anglaise du XXe siècle, auteur de Mrs Dalloway.

Et j’en pense quoi ?

Ce petit recueil de nouvelles à 2 balles (vraiment, il m’a coûté 2€ – editions folio) a été un véritable délice. Un coup de cœur inattendu et une jolie pause dans mes lectures fantasy jeunesse. Dans ce petit livre de 128 pages, on erre et divague au fil des pensées de l’autrice, qui rend avec précision la poésie du quotidien.

Dans la première nouvelle, le texte et les émotions sont portés par un morceau joué par des violons. On se balade de notes en visages, puis dans la rue et le cœur des gens. Les mots suivent les mouvements de la musique, et c’est vraiment une expérience de lecture que je vous souhaite de vivre.

Puis, on passe sur une tâche noire sur un mur. Qu’est-ce que ça peut bien être ? La peinture qui s’écaille ? Un clou ? Assise sur son fauteuil de lecture, la narratrice divague, et nous emporte.

Ma nouvelle préférée restant celle de la dame dans le miroir. Ce miroir qui devient tableau, reflétant un bout de jardin, une poignée de porte, des lettres encore fermées, et toutes les histoires qui s’attachent aux branches de notre quotidien. C’était sublime.

La dernière nouvelle nous emmène dans un parc, du point de vue d’un escargot qui regarde passer le monde, ses peines et ses humeurs, douces, joyeuses, ou colériques.

Mais finalement, ce dont j’ai envie de vous parler, ce n’est pas l’intrigue (puisque, mdr, y’en a pas vraiment). Mais plutôt m’attarder sur la plume de Virginia Woolf, son phrasé, son rythme. On sent que ce genre de texte arrive en opposition totale avec l’école réaliste qui le précède. Ici, l’autrice laisse la plume glisser le long de notre pensée, se laisse guider par son « flux de conscience », sans se poser de limite, ou d’objectif à atteindre. L’univers et l’ambiance ne se construisent pas, ils se ressentent, et c’est merveilleux. Je pense que chaque lecteur peut avoir sa propre interprétation des mots de Virginia (même si on peut difficilement passer à côté de la part féministe de ces derniers).

En bref, courte chronique pour vous dire que j’ai beaucoup beaucoup aimé ce recueil et ce texte uuuultra contemplatif mais qui dit tellement de choses, et que je vous le conseille fortement !

« Mais au-dehors, le miroir réfléchissait la table de l’entrée, les tournesols et l’allée du jardin avec tant de précision et de fixité qu’ils paraissaient figés dans leur inéluctable réalité. Le contraste était étrange – tout ici était changeant et là-bas immobile. Le regard ne cessait de balancer ici et là-bas. »

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